✍️ Apprendre la conjugaison : 7 astuces qui marchent enfin

💡 Pense-bêtes & mémorisation 📅 2 août 2026⏱️ 10 min de lectureRédaction KidibookMis à jour le 25 septembre 2026
Une mère assise à côté de son fils à la table de la cuisine lui montre une ligne de son cahier, qu'il écrit au crayon

Le soir, il récite son tableau de conjugaison sans une hésitation. Le lendemain, la rédaction revient avec « il chantais », « les enfants joue » et « je serait content ». Tous les parents connaissent cette scène, et elle n'a rien à voir avec le sérieux de l'enfant.

La bonne nouvelle : pour apprendre la conjugaison, il n'est pas nécessaire d'empiler des dizaines de tableaux. La conjugaison française est bien plus régulière qu'elle n'en a l'air, et une poignée de repères bien choisis couvre la plupart des verbes que votre enfant écrira jusqu'au collège. Nous les avons d'ailleurs rassemblés, avec les autres pièges de l'école, dans Le Grand Livre des Pense-Bêtes. Les voici, avec les tests à faire sur le coin de la table.

Pourquoi apprendre la conjugaison coince, même quand la leçon est sue

Trois raisons, et aucune ne s'appelle « manque de travail ».

1. L'oreille ne peut pas aider. Beaucoup de terminaisons françaises ne s'entendent tout simplement pas. Il joue, ils jouent : à l'oral, c'est le même mot. Je mangerai et je mangerais aussi, pour beaucoup de gens. Un enfant qui « écrit comme il entend » ne peut pas s'en sortir seul.

2. On apprend verbe par verbe. Réciter le tableau de finir, puis celui de prendre, puis celui de venir, c'est empiler des listes sans jamais voir ce qu'elles ont en commun. Or elles ont énormément en commun.

3. Le tableau se récite en bloc. L'enfant qui a appris « je-finis-tu-finis-il-finit » d'un seul souffle doit tout redérouler pour retrouver une forme isolée. En pleine rédaction, il n'en a ni le temps ni l'envie : il écrit au son. Les repères qui suivent ne remplacent pas la leçon : ils donnent un réflexe de vérification utilisable au milieu d'une phrase.

Astuce n°1 : regarder la personne avant le verbe

C'est le déclic le plus rentable. Aux quatre temps que l'on écrit le plus en primaire (présent, imparfait, futur, conditionnel), la terminaison dépend d'abord de la personne, pas du verbe. Avant de se demander « comment on écrit ce verbe ? », l'enfant se demande donc « qui fait l'action ? ». Le tableau ci-dessous tient sur une carte de la taille d'une main :

PersonneLa terminaison finit par…Les exceptions à connaître
je / j'-e, -s, -x ou -ai, jamais par -tje peux, je veux, je vaux prennent un x
tutoujours un s (ou un x)tu peux, tu veux ; à l'impératif : mange !, va ! (mais vas-y)
il / elle / on-e, -a, -t ou -d, jamais un sil prend, il vend, il coud finissent par d
nous-onsune seule : nous sommes
vous-ezvous êtes, vous dites, vous faites
ils / elles-ent (jamais prononcé) ou -ont-ont : ils ont, sont, font, vont et tout le futur

Regardez la ligne « ils / elles » : elle explique l'une des fautes les plus courantes du primaire, les enfants joue. Le -ent ne s'entend pas, donc il s'oublie, sauf si l'enfant a le réflexe de chercher le sujet.

Astuce KidibookFaites-lui prendre l'habitude de souligner le sujet au crayon avant de se relire, puis de tracer une flèche jusqu'au verbe. Quelques secondes par phrase, et les fautes d'accord sautent aux yeux. C'est la relecture la plus rentable de l'école primaire.
Vue rapprochée d'une main d'enfant qui trace au crayon une flèche entre deux mots soulignés dans son cahier
Relire chaque verbe en se demandant « qui fait l'action ? » : le réflexe qui évite bien des fautes d'accord.

Astuce conjugaison présent : les terminaisons des verbes par groupe

Le présent est le premier temps travaillé à l'école, et le plus utilisé. Pour trouver les bonnes terminaisons des verbes, il suffit de savoir à quel groupe appartient le verbe. Trois familles, trois séries :

  • 1er groupe : tous les verbes en -er, sauf aller. Terminaisons -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent : je chante, tu chantes, il chante, nous chantons, vous chantez, ils chantent. C'est de loin le groupe le plus nombreux.
  • 2e groupe : les verbes en -ir qui font -issons avec nous. Terminaisons -is, -is, -it, -issons, -issez, -issent : je finis, tu finis, il finit, nous finissons, vous finissez, ils finissent.
  • 3e groupe : tous les autres, dont aller. Le plus souvent -s, -s, -t (ou -d), -ons, -ez, -ent : je dors, tu dors, il dort ; je prends, tu prends, il prend.

Le moyen mnémotechnique pour ne plus confondre le 2e et le 3e groupe tient en une question : « Est-ce qu'on dit nous …issons ? » Nous finissons, nous grandissons : 2e groupe. Nous courons, nous partons : pas de -issons, donc 3e groupe, même si l'infinitif finit par -ir.

Les pièges du 3e groupe au présent

  • Les verbes en -dre gardent leur d : il prend, il vend, il répond. Sauf ceux en -indre et -soudre : il peint, il craint, il joint, il résout.
  • Ouvrir, offrir, couvrir, cueillir, souffrir se conjuguent comme le 1er groupe : j'ouvre, tu ouvres, il ouvre.
  • Pouvoir, vouloir, valoir prennent un x : je peux, tu peux ; je veux, tu veux.
  • Être, avoir, aller, faire, dire sont à connaître par cœur : ce sont les plus utilisés, et les plus irréguliers.

Moyen mnémotechnique de conjugaison : le futur, c'est « avoir »

Le futur simple devient le temps le plus facile de la langue dès qu'on connaît son secret : on prend l'infinitif et on colle derrière le verbe avoir au présent.

  • chanter + ai, as, a, ons, ez, ont → je chanterai, tu chanteras, il chantera, nous chanterons, vous chanterez, ils chanteront.
  • Comparez avec avoir au présent : ai, as, a, (av)ons, (av)ez, ont. Ce sont les mêmes.
  • Les verbes en -re perdent simplement leur e final : prendre → je prendrai, dire → je dirai.

Deuxième repère qui va avec : le futur roule toujours ses R. Il y a un r juste avant la terminaison dans tous les verbes, même les plus irréguliers : je ferai, je serai, j'irai, je viendrai, je pourrai, je verrai. Un futur sans ce r, c'est un futur faux.

Futur ou conditionnel ? Le test du « tu »

Ce piège se règle en deux secondes. Face à je mangerai(s), l'enfant remplace je par tu et écoute :

  • « tu mangeras » → c'est du futur, donc j'écris -ai (je mangerai).
  • « tu mangerais » → c'est du conditionnel, donc j'écris -ais (je mangerais).

Le même test règle je serai / je serais et j'aurai / j'aurais. Et pour retenir le conditionnel lui-même : c'est le début du futur avec les terminaisons de l'imparfait (je chanter-ais, nous chanter-ions). Deux temps connus, zéro tableau de plus.

L'imparfait : le temps le plus régulier de la langue

Si votre enfant doit retenir une seule série de terminaisons, c'est celle-ci : -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. Elle vaut pour tous les verbes, sans exception : être, avoir, aller, prendre, vouloir, les verbes du 1er groupe comme ceux du 3e.

Reste le début du verbe. Là aussi il y a une recette : on prend le verbe au présent avec nous, on enlève -ons, et on ajoute la terminaison.

  • nous finissons → finiss- → je finissais ;
  • nous prenons → pren- → je prenais ;
  • nous faisons → fais- → je faisais ;
  • seule exception : être, qui donne j'étais.

Cette recette évite d'apprendre un tableau par verbe, et elle produit d'elle-même les formes étranges mais correctes que tout le monde rate : nous criions, vous voyiez, nous gagnions. Le i de la terminaison s'ajoute au verbe, il ne le remplace pas.

« -é » ou « -er » : le test qui sauve les dictées

À l'oral, manger et mangé sont identiques. À l'écrit, c'est une faute qui revient sans cesse. Le remède est un vieux truc d'instituteur, très fiable : on remplace le verbe par mordre (ou vendre, ou prendre, un verbe dont on entend la différence).

  • « Il a mang… la tarte » → « Il a mordu la tarte » → on entend un participe passé, donc mangé.
  • « Il va mang… la tarte » → « Il va mordre la tarte » → on entend un infinitif, donc manger.

Les enfants adorent ce test parce qu'il produit des phrases absurdes : « j'ai mordu le bus ». Le rire aide, et le réflexe s'installe vite. Pour l'entraîner en situation, notre article sur la préparation d'une dictée propose une routine simple.

Un dernier réflexe, pour plus tard : au passé composé, le participe s'accorde avec le sujet quand l'auxiliaire est être (elle est partie), et ne bouge pas avec avoir, sauf complément d'objet placé avant, une règle qui s'aborde en fin de primaire.

Astuce KidibookNe corrigez pas en donnant la réponse. Dites simplement : « Remplace par mordre, pour voir ? » ou « Essaie avec tu ». L'enfant qui applique le test lui-même le garde ; celui à qui l'on souffle la terminaison la redemandera demain.

Le rituel du verbe du jour : cinq minutes à table

La conjugaison n'a pas besoin de longues séances, mais de passages fréquents. Le format qui tient toute l'année tient dans le repas du soir :

  1. On tire un verbe au sort (des étiquettes dans un bocal, ou le premier verbe entendu à la radio).
  2. On tire un temps : présent, imparfait, futur.
  3. Chacun son tour à l'oral, autour de la table, une personne chacun : je, tu, il, nous, vous, ils. Les parents jouent aussi, et ont le droit de se tromper.
  4. Le vendredi, on écrit : deux phrases seulement, avec le verbe de la semaine qui a le plus résisté.

Quelques minutes chaque jour valent mieux qu'une longue séance de tableaux le dimanche soir. C'est le même principe que pour les mots invariables : des passages courts et répétés, avec un rappel décalé quelques jours plus tard. Et pour d'autres formules qui se retiennent d'un coup, piochez dans notre article sur les moyens mnémotechniques incontournables.

Une famille joue autour de la table du dîner : le père donne la parole, la petite fille lève le bras, le frère rit
Le verbe du jour à l'oral, chacun son tour autour de la table : deux minutes qui valent une heure de tableaux le dimanche soir.
Astuce KidibookTransformez le verbe du jour en défi : si votre enfant repère une faute volontaire dans votre phrase (« ils mange »), c'est lui qui choisit le verbe du lendemain. Chercher l'erreur chez l'adulte l'oblige à appliquer les règles, et c'est bien plus drôle.

Apprendre la conjugaison du CE1 au CM2 : ce que votre enfant doit viser

Les progressions varient d'une école à l'autre, mais la logique reste la même : le présent des verbes fréquents d'abord, puis l'imparfait et le futur, puis les temps composés.

  • CE1 : repérer le verbe et son sujet, présent des verbes en -er, d'être et d'avoir. L'essentiel est là : le verbe change quand le sujet change.
  • CE2 : présent solide, imparfait et futur des verbes fréquents (aller, faire, dire, venir, prendre), premiers passés composés.
  • CM1 : les temps enchaînés dans un même texte, et le passé simple, d'abord aux troisièmes personnes (il partit, ils partirent).
  • CM2 : consolidation, plus-que-parfait, conditionnel présent et la confusion -ai / -ais. Ce socle-là servira toute la sixième.

Apprendre la conjugaison en CE2 : l'année charnière

Le CE2 est souvent l'année où tout se joue : trois temps simples arrivent presque en même temps, avec le passé composé. C'est là que l'astuce n°1 (la personne avant le verbe) paie le plus, car elle vaut pour le présent, l'imparfait et le futur à la fois. Concentrez-vous sur les trois groupes au présent, les terminaisons de l'imparfait et le futur « infinitif + avoir ». Pour s'entraîner sur des fiches adaptées à son niveau, nos exercices de CE2 à imprimer reprennent ces notions.

Si votre enfant hésite sur la ligne de sa classe, redescendez d'un niveau sans culpabiliser : tout est cumulatif. Un CM1 qui écrit les enfants joue doit revoir l'accord sujet-verbe, pas le passé simple.

Envie d'avoir tous ces repères au même endroit, à portée de main pendant les devoirs ? Le Grand Livre des Pense-Bêtes réunit les astuces de conjugaison de cet article, et bien d'autres pour l'orthographe et les maths, sous forme de phrases courtes à relire et de petits exercices. De quoi transformer les « je sais plus » du soir en « ah oui, le test du tu ! ».

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Vos questions

Comment apprendre la conjugaison à un enfant qui confond tout ?

Commencez par un seul réflexe : chercher le sujet avant d'écrire le verbe, puis vérifier la terminaison de la personne (ils → -ent, nous → -ons, tu → -s). Travaillez ensuite un temps à la fois, en commençant par le présent. Quelques minutes d'oral chaque jour, avec le rituel du verbe du jour, valent mieux qu'une longue séance le week-end.

Faut-il faire réciter les tableaux de conjugaison par cœur ?

Réciter le tableau dans l'ordre rassure, mais ne suffit pas : l'enfant doit alors tout redérouler pour retrouver une forme isolée. Après une ou deux récitations, passez à l'interrogation en désordre : « venir, futur, vous ? », « prendre, imparfait, ils ? ». C'est cet accès direct qui servira en rédaction.

Quel moyen mnémotechnique pour les terminaisons du futur ?

Le futur, c'est l'infinitif suivi du verbe avoir au présent : ai, as, a, ons, ez, ont (je chanterai, tu chanteras, ils chanteront). Les verbes en -re perdent seulement leur e final : je prendrai. Et le futur « roule toujours ses R » : il y a un r juste avant la terminaison, même pour je serai, j'irai ou je ferai.

Mon enfant réussit ses exercices de conjugaison mais fait des fautes dans ses textes. Pourquoi ?

Parce que l'exercice lui indique d'avance le temps et le sujet : il n'a plus qu'à appliquer. En rédaction, il doit repérer tout cela seul tout en cherchant ses idées. Le remède, c'est une relecture qui ne cherche que les verbes : sujet souligné, flèche tracée jusqu'au verbe, terminaison vérifiée.

Comment aider si je ne me souviens plus moi-même des règles ?

Vous n'avez pas besoin d'être expert : les tests de cet article s'utilisent sans rien savoir. Remplacer je par tu, remplacer le verbe par mordre, chercher le sujet : vous pouvez poser ces questions à votre enfant même sans connaître la réponse. C'est même plus efficace, car c'est lui qui cherche.

Quelle conjugaison apprend-on en CE2 ?

En CE2, l'enfant consolide le présent des trois groupes et découvre l'imparfait, le futur et le passé composé des verbes les plus fréquents (être, avoir, aller, faire, dire, venir, prendre…). Les progressions varient selon les écoles, mais ces temps forment le socle. Si le présent reste fragile, mieux vaut le consolider avant d'insister sur les autres temps.

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